Meet Her: Coraline CHAGNOT Gestionnaire de Patrimoine Immobilier et Financier

Si travailler dans le domaine du droit vous fait rêver, vous devez, absolument découvrir cette interview que j’ai réalise de Caroline Gestionnaire de Patrimoine Immobilier et Financier.

Après de brillantes études en droit, Caroline occupe aujourd’hui le poste de Gestionnaire de Patrimoine immobilier et financier.

Quand on parle de droit, on pense tout de suite au métier d’avocat, mais ce secteur et bien plus vaste qu’on le pense… Je vous laisse découvrir l’interview.

 

Peux-tu nous parler du job que tu rêvais de faire quand tu étais petite ?

Lorsque j’étais enfant, je souhaitais devenir archéologue afin de suivre la trace des dinosaures ! L’idée de voyager dans des zones géographiques lointaines, souvent isolées, avec les mains dans la terre à la recherche de squelettes ou d’objets cachés recensant des secrets et notre histoire me faisait rêver.

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Peux-tu nous parler de ton parcours scolaire ? 

J’ai réalisé un baccalauréat en sciences économiques et sociales. Ensuite, j’ai intégré l’université afin de réaliser une Licence en Droit privé général. J’ai poursuivi sur un Master 1 spécialisé en Droit International et Européen puis un Master 2 en Droit Bancaire et Financier.

J’avais été amenée à rédiger un mémoire lors de mes années d’études. Le mémoire a pour objectif de soulever une problématique, mais pas d’y répondre. J’étais alors restée sur un goût d’inachevé et j’ai décidé de poursuivre mon cursus sur une Thèse de Doctorat en Droit privé afin de pouvoir répondre pleinement à cette problématique.

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Pourquoi as-tu choisi de t’orienter en droit ?

On est effectivement très loin de l’archéologie ! Lorsque j’étais en 3ème, il y avait un stage obligatoire à réaliser. Pour des raisons pratico pratiques, je me suis retrouvée à le réaliser dans un cabinet d’avocat. Je n’ai fait qu’observer bien sûr, mais pourtant, je me suis aperçue que j’étais réellement intéressée par le quotidien de ces avocats. J’ai alors réitéré un second stage l’année suivante, dans un autre cabinet d’avocat. Et j’ai été confortée sur le fait que le domaine juridique me passionnait. J’ai décelé qu’il s’agissait d’un domaine nécessitant une réelle polyvalence, car il allie différentes matières (même si cela n’est pas visible au premier coup d’œil) comme les sciences économiques et sociales, l’histoire, la littérature, l’humanité…

Le fait de réaliser des études de droit me permettait de faire fusionner toutes ces matières et de les étudier sous un angle sui generis.

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Comment as-tu choisi ta spécialisation ?

J’ai fait le choix du cœur ! À chaque fin d’année d’étude, j’ai réalisé un stage d’au minimum 1 mois dans diverses structures afin d’affiner mes goûts dans le domaine juridique (cabinet d’avocat en droit des Affaires, cabinet d’avocat en droit fiscal, assistante de la Présidente d’un TGI, Juriste dans une grande société).

Puis, je me suis interrogée sur la matière qui me donnais le plus envie de travailler, celle que j’avais constamment envie d’approfondir. Mais également sur les débouchés offerts par cette spécialisation. Et il s’est avéré qu’il s’agissait du droit bancaire et financier. Il s’agit d’un pan du droit extrêmement diversifié dans lequel il faut savoir faire preuve d’une réelle polyvalence. Il faut suivre l’actualité de la réglementation, car celle-ci est soumise à de fortes variations en raison des enjeux sociétaux qu’elle recèle.

 

Quels conseils pourrais-tu donner à une étudiante en droit pour l’aider à choisir sa spécialité ?

Tout d’abord, je recommanderai de ne pas se spécialiser trop tôt. Je trouve qu’il est important de développer une bonne culture générale et de s’ouvrir à toutes les branches du Droit le plus longtemps possible afin d’avoir de solides connaissances. Cela va permettre d’élargir les opportunités professionnelles.

Il est impératif de faire des stages afin d’appréhender les différents domaines et métiers du Droit, mais aussi pour se conforter dans ses préférences. Il faut vraiment avoir en tête qu’il n’y a pas de mauvais choix ! Il faut simplement choisir la spécialité qu’on est certaine de ne pas regretter par la suite.

Je conseillerai également de prendre connaissance des domaines qui sont porteurs d’avenir, car ils vont donner l’opportunité d’une vie professionnelle rapide.

Enfin, lorsque vous avez ciblé votre spécialité, il est important de comparer les différents Masters entre eux.

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Comment s’organiser dans la gestion des cours qui peuvent parfois être très intenses ?

Afin que les étudiants en droit puissent réussir à s’organiser dans la gestion des cours qui, je confirme, sont à la fois extrêmement denses et intenses, je peux donner quatre conseils.

Mon premier conseil est, bien évidemment, de ne rater aucun cours dispensé, mais surtout de se concentrer sur l’essentiel du cours. Il est préférable de retenir ce qui est réellement important, plutôt que d’essayer de tout connaître sur le bout des doigts. Pour cela, il faut suivre activement le raisonnement du professeur afin de sélectionner ce que vous devez noter. Avec cette technique, on commence déjà à apprendre et à comprendre le cours. L’objectif étant d’avoir un cours qui est de qualité et un minimum synthétique.

Mon second conseil vient d’une technique que m’a enseigné un professeur de droit administratif. Il s’agit d’apprendre ses cours avec la technique dite des « couches successives »,  car, apprendre un cours ligne par ligne n’est pas ce qu’il y a de plus efficace. La première couche correspond à l’ossature générale du cours, c’est-à-dire au plan complet du cours.
La deuxième couche comprend les définitions, les articles de loi, les grands principes, les jurisprudences importantes et, de manière générale, les éléments importants.
La troisième couche correspond aux exemples, aux débats doctrinaux et, plus généralement, aux points qui permettent d’aller plus loin, qui donnent davantage de détails. C’est une excellente méthode pour comprendre comment le cours est structuré, et donc mieux le retenir. En appliquant cette méthode des couches successives, vous passerez plus de temps sur les éléments essentiels de votre cours, et, surtout, les informations contenues dans votre cours seront mieux organisées dans votre esprit.

Mon troisième conseil est de travailler régulièrement. Pour cela, je recommande de remettre en forme et de réorganiser vos cours juste après y avoir assisté, car il est encore frais dans votre tête. Ensuite, il faut ficher vos cours une fois par semaine. Puis, tous les mois, relire tout ce que vous avez déjà étudié. Grâce à tout cela, les informations vont s’ancrer progressivement dans votre mémoire et vous gagnerez du temps au moment des révisions.

Enfin, mon quatrième et dernier conseil, est ne pas négliger les petites matières. Elles ont effectivement un coefficient plus faible, mais elles possèdent un rapport « temps passé/résultats obtenus » très intéressant dans la mesure où l’examen final porte, en général, uniquement sur des questions de cours.

 

Souvent quand une personne étudie le droit, on pense qu’elle ne peut faire carrière uniquement en cabinet d’avocat. Quelles sont les différentes possibilités de carrières pour une personne qui étudie en droit ?

Tu as raison, les personnes pensent souvent qu’on ne peut devenir qu’avocat si on réalise des études de droit. Je me souviens qu’à chaque fois que je disais à une personne que j’étais en droit, on me répondait « Oh, tu veux devenir avocate ? ». Eh bien non.

Je ne peux pas répondre de manière exhaustive à ta question. Il existe une foule d’autres professions à dominante juridique auxquelles les gens ne pensent pas : commissaire-priseur, conseiller pénitentiaire en insertion et probation, fiscaliste, administrateur de biens immobiliers, directeur d’hôpital, administrateur territorial, juriste d’entreprise…

Les études juridiques ouvrent des portes sur des métiers bien distincts qui permettent de travailler dans un tribunal, mais aussi un cabinet privé, une prison, un commissariat, une grande entreprise, l’administration d’une mairie ou d’un département.

Comme tu peux le constater, le choix est vaste. Il ne dépendra que de la motivation et du parcours de l’étudiant.

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Aujourd’hui, tu prépares une thèse droite. Pourrais-tu nous en dire un plus ?

Oui bien sûr, avec plaisir. Comme je te l’ai dit juste avant, j’avais réalisé un mémoire lors de mes années d’études. Il portait sur « La gestation pour autrui en droit comparé ». J’ai donc décidé d’approfondir mon travail et de réaliser une thèse portant sur « Le droit de la filiation à l’épreuve de la génétique : le défi des nouvelles techniques de procréation ». J’ai commencé à travailler sur ce sujet en 2016 et je suis presque au bout ! Mon objectif a été de remodeler le droit de la filiation afin de permettre l’intégration, dans le droit français, la procréation médicalement assistée pour les couples homosexuels et les femmes seules ainsi que l’ouverture de la gestation pour autrui altruiste.

Mon expérience de ces quatre dernières années en tant que doctorant m’a permis d’acquérir :

Un savoir-faire, une méthodologie ainsi qu’une organisation de pensées dans la mesure où mon doctorat m’a amené à identifier et résoudre des problèmes complexes et nouveaux impliquant une pluralité de domaines. J’ai apporté ma contribution dans le cadre d’échanges dans un contexte national.

Une responsabilité et une autonomie car j’ai été amenée à piloter des groupes dans le cadre d’activités interdisciplinaires. J’ai également dû gérer des situations délicates ayant pour conséquence de modifier les organisations actuelles et donc évaluer et anticiper les retentissements possibles sur les champs impactés.

Pour pouvoir mener à bien ce projet, j’ai dû approfondir mes connaissances en droit de la famille, et plus spécifiquement en droit de la filiation, ainsi qu’en droit des contrats. J’ai dû me former seule sur le droit de la bioéthique, sur les nouveaux procédés scientifiques en matière de procréation médicalement assistée et sur le séquençage d’ADN. Pour cela, j’ai assisté à de nombreux colloques à la Cour de cassation et à l’Assemblée nationale, mais également à des conférences et des séminaires à la fois juridiques, scientifiques et sociologique. J’ai participé aux états généraux de la bioéthique. J’ai pu échanger avec certains membres du Comité consultatif national d’éthique. J’ai rencontré des gynécologues, des sages-femmes, des juristes, des mères porteuses, des couples ayant eu recours à une gestation pour autrui à l’étranger.

C’est un travail de longue haleine pour lequel il faut s’accrocher, mais qui permet d’apprendre énormément sur soi-même.

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Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?

Actuellement, je suis Gestionnaire de Patrimoine Immobilier et Financier – Référente juridique.

Concrètement, en tant que gestionnaire de patrimoine, je dois évaluer le patrimoine du client, assimiler ses attentes et surveiller les nouveaux textes de loi qui impactent leur patrimoine. Cela nécessite de devoir connaître l’environnement réglementaire et fiscal de l’ensemble des produits d’épargne et de l’immobilier.

Et en tant que référente juridique, je fais du conseil juridique sur les aspects juridiques et fiscaux du patrimoine tant financier qu’immobilier (que ce soit pour la rédaction des actes, pour la commercialisation de certains biens ou produits). J’assure également une veille juridique auprès des collaborateurs.

Que peut-on te souhaiter pour l’avenir ?

Ma soutenance de Thèse n’a pas encore eu lieu alors je pense que pour un avenir proche, on peut me souhaiter une soutenance réussie !

Que penses-tu de la notion de sororité ?

J’affectionne particulièrement la définition à laquelle renvoie cette notion, à savoir une solidarité entre les femmes. Je considère que la sororité contribue au féminisme, à la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Pour justifier mes propos, je vais prendre l’exemple des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc. Outre l’enjeu de dénoncer les violences systémiques dont sont victimes les femmes tout au long de leur vie et dans le domaine du travail en particulier, ces mouvements ont permis de libérer la parole sur ce sujet. Un élan de solidarité entre femmes s’est alors formé et la sororité est apparue comme la réponse nécessaire.

Je trouve que ce terme fait bien ressortir le fait qu’il faut voir dans les autres femmes des sœurs, et non pas des amies, c’est-à-dire des membres d’une même communauté, animées par la même volonté de changer la société.

 

Merci à Coraline d’avoir pris le temps de répondre à mes questions, si cet article vous plaît n’hésitez pas à laisser un commentaire ou à cliquer sur le petit cœur sous l’article. Vos retours seront grandement appréciés.

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